Sa conférence de presse prévue aujourd’hui: Barth’ refuse de se taire

A quoi sert la prison ? C’est cette question très simple, mais pleine de sens, qui nous vient à l’esprit lorsque nous apprenons que Barthélémy Dias va tenir une conférence de presse, aujourd’hui.

En réalité, le jeune Maire de Mermoz Sacré-Cœur a justement été écroué parce qu’il ‘’parle trop’’, et ‘’trop’’ mal, au goût des autorités qui ont sorti ce délit d’outrage à magistrat, une spécificité française, qui est passé de mode.

En termes clairs, cela veut dire que ceux qui l’ont mis en prison pendant 6 mois, voulaient le faire taire. Car, pour qui connait Barth’, c’est justement cette langue fourchue qui lui a valu son ascension politique. Il est audacieux et n’a pas froid aux yeux. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. En somme, il ne mâche pas ses vérités.

Et justement c’est ce qui dérange. Surtout au sein de ses adversaires car, figurez-vous, l’homme était dans la mouvance présidentielle avant de changer de camp, à la lumière de l’Affaire Khalifa Sall.




Et comme la loi permet de ‘’corriger’’ de temps en temps des adversaires impertinents et pétillants, l’outrage a été activé lorsqu’il a donné une série d’interviews mettant en doute l’intégrité morale de certains juges. Il a poussé le bouchon trop loin, comme du reste nombre de personnes l’ont fait contre des magistrats. On se rappelle des propos de l’ancien bâtonnier non moins homme politique, Me Mame Adama Gueye, pour ne citer que celui-là.

Malgré tout, Barth’ a été condamné, pour l’exemple.

Malheureusement, il semble n’avoir pas appris grand-chose ne prison. Aujourd’hui, il va parler, exactement comme d’hab’. Car, on ne change pas son ‘’fonds de commerce’’, surtout lorsqu’il est de ‘’commerce politique’’. L’homme politique sait que s’il se laisse intimider, c’est fini pour lui.

Aujourd’hui, beaucoup de leaders sur lesquels la Nation comptait sont en train de se faire harakiri en étant réceptifs aux pressions qui sont de toutes sortes… Alors, Barth’ refuse de baisser les armes.

La réalité est que les hommes politiques ont une forme de liberté de ton et de ‘’licence’’ à dire que les autres n’ont pas forcément. Ce n’est pas écrit, mais c’est vécu. Si on se mettait à emprisonner tous les hommes politiques qui offensent réellement le Chef de l’Etat, il en resterait peu. Pourtant, le délit d’offensive au Chef de l’Etat existe. Mais les autorités savent qu’elles ne sauraient l’activer à tout-va. Ce serait une forme de dictature, l’exact contraire de la démocratie.

Là où nous voulons en venir, c’est que la démocratie est un jeu de servitude, de compromis, de tolérance. Ceux qui ont le pouvoir peuvent corriger, punir, humilier, emprisonner, etc. Mais, ce faisant, ils fausseraient le jeu.




L’emprisonnement du jeune Dias n’a servi à rien. Il ne va jamais se taire. Il sera même plus acerbe.

Alors, il faut le laisser parler. Il est dans son rôle. Les opposants ne sont pas le diable, mais des hommes et des femmes qui, certes, ne sont pas parfaits et sont parfois pressés d’arriver au pouvoir, mais participent activement à l’expression du jeu démocratique.

Les excès, il y en a. Surtout les excès de langage. Mais, tant pis. Car, ailleurs en Afrique, il y a surtout la violence physique.

En conséquence, on se rend de plus en plus compte que la Justice est un mauvais arbitre du jeu politique. Laissons les magistrats en dehors des compétitions politiques.

Et surtout travaillons à un toilettage du code pénal et du code de procédure pénale au point d’éviter que des adversaires politiques, du fait justement de leurs activités, ne soient dans l’œil du cyclone.




dakarmatin

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