Marine Le Pen noie le débat sous une avalanche d’intox Justice, Europe, retraites, GPA : pendant près de trois heures, la candidate a multiplié approximations et énormités.

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L’équipe de Désintox avait compté vingt-cinq bobards de Marine Le Pen lors de la campagne du premier tour. Hier soir, elle a saturé le débat d’intox sur tous les thèmes. Florilège.

Non, Emmanuel Macron n’a pas vendu SFR à Patrick Drahi
Revenant sur le cas Whirlpool, Marine Le Pen a accusé Emmanuel Macron d’avoir revendu des entreprises lorsqu’il était ministre. Exemple avec SFR (par ailleurs actionnaire de Libération).

MLP : «Ce sont des entreprises que vous avez vendues. SFR par exemple, à votre ami M. Drahi, le patron de BFM. 6 000 emplois perdus. […]

EM – Je n’étais pas ministre quand SFR a été vendu. Et SFR était la propriété d’un groupe totalement privé».

MLP – «Vous n’étiez pas ministre ? Vous avez déjà commis ce mensonge devant 10 millions de personnes lors du débat, quand Dupont-Aignan vous a posé cette question. Evidemment, vous étiez ministre, vous avez été à la manœuvre sur ce dossier-là, parce que M. Montebourg refusait que SFR soit vendu à M. Drahi, et le jour ou M.Montebourg a été remplacé par vous M. Macron, la vente a été signée. C’est ça la réalité».

EM – SFR était la propriété d’un groupe privé, qui s’appelle Vivendi. Nous sommes dans un état où la propriété privée est respectée. C’est le groupe Vivendi qui l’a vendu. Ne dites pas de bêtises.

MLP – Votre prédécesseur ne voulait pas la vendre…

EM – Mais personne ne voulait la vendre.»

Marine Le Pen n’a pas tort sur ce dernier point. Le prédecesseur d’Emmanuel Macron à Bercy, Arnaud Montebourg, voulait pas que SFR soit vendu à Numéricable, qui appartient à Patrick Drahi. C’est malgré tout en mars 2014 que Vivendi a décidé de vendre SFR à Numéricable. Malgré Arnaud Montebourg, qui soutenait un rachat pour Bouygues Télécom et regrettait alors sur Europe 1: «J’ai cru comprendre que les dirigeants de Vivendi ont décidé coûte que coûte de vendre SFR à Numericable ».

Toutefois, le renforcement en mai 2014 d’un décret sur les investissements étrangers (souhaité par Arnaud Montebourg) a rendu obligatoire l’autorisation préalable de l’Etat des investissements étrangers dans certains secteurs, dont les télécommunications. Or, la société Altice (maison mère de Numéricable) est basée au Luxembourg. C’est donc Emmanuel Macron qui, deux mois après son entrée en fonction, a donné son feu vert à ce rachat le 28 octobre 2014. Mais c’est bien la société Vivendi qui a décidé de revendre SFR. Avant la nomination à Bercy du candidat d’En marche…

Et Emmanuel Macron n’a pas (non plus) vendu STX aux Italiens
Après l’algarade sur SFR, les chantiers STX de Saint-Nazaire ont fait l’objet d’un vif débat. Alors qu’Emmanuel Macron vantait les accords d’entreprises, Marine Le Pen l’a accusé d’avoir vendu l’entreprise aux Italiens.

MLP : «Vous les avez vendus aux italiens aussi ceux-là.

EM – Arrêtez de dire des grandes bêtises.

MLP – Pardon. Vous les avez vendus aux Italiens ? Bah si. Bah si.

EM – Non je n’ai rien vendu pour ce qui est des chantiers de l’Atlantique. Ils ont failli perir, ils ont pu négocier un accord d’entreprise que les syndicats ont courageusement signé. Il y a eu du chômage partiel, aucun licenciement, ils sont repartis et ils ont un carnet de commande de dix ans

MLP – Et ils ont été vendus aux Italiens.

EM – Non, ils n’ont pas été «vendus» comme vous le dite, à qui que ce soit. Et ce n’est pas votre serviteur, parce que j’étais dans la campagne présidentielle, comme vous. […]

MLP – Ca fait longtemps que cette opération était sur la table M. Macron… Que ce dossier était sous votre coude.»

Alors qu’une nationalisation temporaire des Chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, avait été envisagée pour éviter qu’ils ne passent sous contrôle italien, ceux-ci battent finalement pavillon franco-italien. Comme l’expliquait Libération le mois dernier, le groupe italien Fincantieri avait été désigné début janvier par la justice de Séoul pour reprendre STX France malgré un désaccord français. Un compromis a finalement été trouvé, et l’Italien est devenu actionnaire. L’Etat français a conservé sa minorité de blocage de 33,3% dans STX France, mais ce sont de toute façon les Coréens qui ont décidé de vendre STX aux Italiens. Pas Macron. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire fin 2016, et la vente a été actée en avril dernier – Emmanuel Macron n’était plus ministre depuis un an.

Non, le CICE n’a pas profité en priorité aux grandes entreprises
Le CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) aurait il profité essentiellement aux grandes entreprises ? Marine Le Pen l’a affirmé : «Vous avez fait la seule chose que vous savez faire M. Macron : vous avez aidé les grands groupes. Comme d’habitude. Le CICE vous l’avez accordé en fait en priorité aux grands groupes. Les TPE PME qui réclamaient qu’on aille leur alléger leur difficulté, leur donner de l’oxygène, vous avez fait comme si ils n’existaient pas. […] Vous n’avez pas baissé les charges pour les TPE/PME. Vous n’avez pas mis en œuvre de délai de paiement pour les TPE PME, de guichet unique, de simplification administrative, de patriotisme économique…»

Le CICE, mis en place en 2013, consiste en un crédit d’impôts calculés sur les salaires inférieurs à 2,5 fois le smic (4% la première année, 6% depuis). Le dernier rapport de France Stratégie, publié en septembre 2016, détaille quels sont les bénéficiaires du CICE. En raison des salaires plus faibles qu’elles proposent, les très petites entreprises sont davantage concernées : 78% de la masse salariale des entreprises de moins de dix salariés se situe sous les 2,5 SMIC et se trouve donc éligible au dispositif. On passe à 68% pour les entreprises de moins de 50 salariés, et à 61% pour celles de moins de 250 salariés. Pour les entreprises de plus de 2 000 salariés, ce taux baisse à 56% de la masse salariale.

Quant aux secteurs concernés, le CICE est plus important pour les secteurs intensifs en main-d’œuvre, comme les entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration, des activités de services administratifs ou encore la construction.

Le rapport de suivi permet aussi de voir la ventilation des sommes allouées selon la taille des entreprises. En 2015, la créance fiscale se monte à 13,8 milliards pour les entreprises sujettes à l’impôt sur les sociétés. Les micro-entreprises et les PME ont déclaré six milliards de créance, soit 44% du total. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) en ont déclaré 3,2 milliards (23%) et les grandes entreprises 4,6 milliards (33%). Les grandes entreprises, si elles en bénéficient légèrement plus que les PME, sont donc loin d’être les seules bénéficiaires du crédit d’impôt. Toutefois, un rapport de la sénatrice Marie-France Beaufils (PC) note que le CICE est facile d’accès pour les grandes entreprises, mais plus complexe pour les TPE et les PME. Toutes les grandes entreprises ont eu recours à la créance fiscale, alors que 6,3% des ETI, 4,8% des PME et jusqu’à 10,9% des micro-entreprises n’ont pas sollicité le CICE. Parler d’une politique à l’adresse des grands groupes est très caricatural.

Non, l’Union bancaire ne menace pas l’épargne des Français
L’Europe ou la ruine des petits épargnants ? Bernard Monot, conseiller économique de Marine Le Pen avait déjà sorti cette intox il y a quelques jours. Marine Le Pen l’imite en affirmant que l’union bancaire mettait «l’épargne des Français est en danger». L’Union bancaire vise à empêcher que les éventuelles crises bancaires ne dégénèrent en crises des dettes souveraines, pour éviter le scénario de la crise de 2008 lorsque les Etats – les contribuables donc – avaient dû y aller de plusieurs centaines de milliards d’euros pour sauver le système bancaire. Le MRU (mécanisme de résolution unique, deuxième pilier de l’Union bancaire) institue donc le principe du bail-in (renflouement interne), par opposition au bail-out qui fait appel à de l’argent public.

Effectivement, ce texte, entré en vigueur au 1er janvier 2016, prévoit désormais la possibilité de ponctionner les comptes de dépôts des clients pour contribuer au sauvetage de leur banque. Mais ce n’est qu’en dernier recours, après mise à contribution des actionnaires et créanciers obligataires. Et Le FN oublie systématiquement de préciser qu’il ne s’agit pas de tous les épargnants. Il existe bien une garantie de dépôt de 100 000 euros. C’est-à-dire qu’en deçà de ce montant, les épargnants ne peuvent, même dans le pire des cas, être inquiétés.

Si, Marine Le Pen a bien modifié sa proposition sur le retour à la retraite à 60 ans…
Alors que la FN a beaucoup varié sur le sujet de la retraite à 60 ans des dernières années, Marine Le Pen avait finalement inscrit cette mesure dans son projet. Sauf que mardi soir, la candidate a relégué son application à la fin du quinquennat… La conditionnant à la une baisse du chômage. Une brèche dans laquelle Emmanuel Macron s’est engouffré, faisant remarquer à une évolution programmatique. Qu’a nié Marine Le Pen au prix d’un gros mensonge. Car la candidate présentait bien il y a quelques semaines ses dix mesures immédiates, parmi lesquelles le «rétablissement de la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisation». Immédiate, la mesure ne l’est plus guère…

Non, la «double peine» n’a pas été supprimée
C’est un increvable poncif frontiste qu’a de nouveau ressorti Marine Le Pen hier soir. Mais la double peine n’a pas été supprimée, mais aménagée. Et des étrangers demeurent encore renvoyés chaque année… Ce qu’on appelle «double peine», c’est la peine d’interdiction du territoire français (ITF) que peuvent prononcer les tribunaux à l’encontre d’étrangers condamnés. La personne condamnée est reconduite à la frontière après avoir purgé sa peine. Dans la majorité des cas, l’ITF est utilisée comme une peine complémentaire, même si elle peut être prononcée à titre principal. A l’origine, l’ITF a été instaurée en 1970 pour lutter contre la toxicomanie et le trafic de stupéfiants. Aujourd’hui, près de 300 délits et crimes peuvent entraîner une ITF, du trafic de stupéfiants au viol en passant par le séjour irrégulier, le crime contre l’humanité ou le travail illégal. Réagissant à la campagne d’un collectif d’associations, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a aménagé la «double peine», en créant de nouvelles catégories de personnes «sous protection», qui échappent à l’ITF : les étrangers arrivés en France avant leurs 13 ans, ou ceux qui résident en France depuis plus de vingt ans. Les conjoints de Français ou les parents d’enfants français, peuvent également, sous conditions, éviter l’expulsion. Ces protections ne s’appliquent pas aux individus coupables de porter atteinte aux intérêts de l’Etat, liés au terrorisme, ou constituant des actes de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence. Depuis la réforme, le nombre d’ITF a baissé. Mais en 2014, 1 804 ITF avaient par exemple été prononcées dont 735 pour atteintes à l’autorité de l’Etat et 241 pour atteinte à la personne.

Pourquoi il est simpliste et trompeur d’affirmer pour Marine Le Pen qu’elle va expulser tous les étrangers fichés S
C’est un leitmotiv de la campagne frontiste depuis des mois : Marine Le Pen au pouvoir, elle expulserait fissa tous les étrangers fichés S. C’est pourtant impossible judiciairement, et la promesse démontre que la candidate ne comprend rien à ce que sont ces fameuses fichés S.

A plusieurs reprises pendant le débat, elle a ainsi rappelé sa promesse. «Il faut que l’on expulse tout de suite les fichés S étrangers qui sont sur notre territoire. Tous ceux qui étrangers sur notre territoire ont un lien avec le fondamentalisme islamiste, dehors. Dehors ! Tous ceux qui sont double-nationaux, on mettra en œuvre la déchéance nationale. Je sais que vous être contre ça. Déchus de leur nationalité, ils seront renvoyés dans leur pays», a-t-elle insisté avant de citer le chiffre de «11 000 fichés S pour fondamentalisme islamique».

Expulser les fichés S ou déchoir de leur nationalité les bi-nationaux fichés S est impossible judiciairement. Premièrement, car la fiche S ne concerne pas que des individus suspectés de terrorisme. On y trouve aussi des zadistes ou des militants antinucléaires.

Affirmer comme le fait Marine Le Pen que 11 000 personnes sont fichées pour fondamentalisme islamique est une surinterprétation. Fin novembre 2015, Manuel Valls avait donné quelques précisions : on comptait à l’époque en France, 20 000 fiches S. «10 500 concernent les individus mis en attention pour leur appartenance à la mouvance islamique, la mouvance radicale, ou leur lien avec la mouvance. […] Et puis tous les autres peuvent concerner des membres d’autres mouvements considérés comme terroristes : le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), la ligue liée à des mouvements tamouls, la branche militaire du Hezbollah, des militants violents liés à l’ultra droite ou à l’ultra gauche, des hooligans, etc.» Mais, comme l’a expliqué Marc Hecker, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), à Libération, une fiche S peut aussi concerner, par exemple, un individu «qui a été en contact avec un jihadiste et qu’il faut suivre pour creuser et voir s’il y a quelque chose ou pas».

Deuxièmement, la fiche S n’a pas de vocation opérationnelle ni de valeur judiciaire. Elle a un rôle d’alerte et sert à collecter des informations, notamment sur la personne concernée, sur ses déplacements, mais «n’entraîne aucune action automatique de coercition à l’encontre d’une personne». Surtout, être fiché S ne signifie pas que l’individu ait commis un délit ou un crime et ce n’est donc pas une preuve de culpabilité. Condamner quelqu’un sans qu’il ait commis d’infraction reste pour l’heure impossible en France. Cela reviendrait à expulser toutes les personnes mises sur écoute. C’est la même chose pour les binationaux.

Marine Le Pen (ainsi qu’Emmanuel Macron) ne comprend rien à la loi Taubira
La politique pénale est un vivier à intox. Exemple avec cet étonnant passage :

Emmanuel Macron – «Avec moi, toute peine prononcée sera exécutée. Je reviendrai sur la loi qui a fait que pour toutes les peines de moins de 2 ans, il n’y a pas d’éxecution de peine. Parce que c’est un signal fort.

Marine Le Pen – Vous reviendrez sur la loi Taubira ?

EM : J’y reviendrai totalement madame».

Désintox s’est déjà penché sur l’affirmation mensongère d’Emmanuel Macron selon laquelle les peines inférieures à deux ans ne sont jamais exécutées. La loi prévoit bien l’aménagement des peines inférieures à deux ans, lesquelles aménagement débouchent effectivement le plus souvent sur des mesures alternatives à la prison ferme (ce qui au passage ne signifie pas que la, peine n’est pas «exécutée», comme le dit Macron, puisqu’une peine de prison ferme aménagée est considérée comme «exécutée»). Mais cela ne veut pas dire que tous les condamnés à des peines de moins de deux ans évitent les barreaux.

Primo, les condamnés en situation de récidive voient leurs peines aménageables uniquement si celles-ci sont inférieures à 1 an, et pas deux ans. Deuzio – et surtout –, nombre de condamnés filent directement en prison après l’audience en cas de mandat de dépôt prononcé par le tribunal, ce qui est fréquent lors des comparutions immédiates. Et ces peines-là ne sont pas aménagées.

Au total, selon les chiffres de l’administration pénitentiaire, au 1er janvier 2016, 43% des 46 600 détenus condamnés purgeaient des peines inférieures ou égales à deux ans. Environ 20 000, donc.

A cette intox de son opposant… Marine Le Pen répond par une anêrie, en demandant à Emmanuel Macron s’il souhaite donc «revenir sur la loi Taubira»… Laquelle Chrisitiane Taubira n’a strictement rien à voir dans cette affaire puisque c’est de la réforme pénale de Rachida Dati en 2009 que les deux candidats parlent…

Non, Emmanuel Macron n’a pas été obligé de garder dans les rangs d’En Marche un «radical islamiste»
Dans une longue tirade, la candidate FN a tenté de démontrer que son adversaire était «soumis» à l’islamisme radical. Avec un seul élément, particulièrement bancal. « Il faut éradiquer l’idéologie du fondamentalisme islamiste dans notre pays. Mais vous ne le ferez pas, parce que vous êtes soumis à eux, M. Macron. Parce qu’ils vous tiennent. C’est aussi simple que ça. C’est malheureux à dire, c’est terrifiant parce que ça peut avoir des conséquences extrêmement lourdes pour les Français. Mais on l’a vu avec l’affaire Saou, vous avez été mis devant le chantage : soit vous gardiez M. Saou, qui est un radical islamiste, soit l’UOIF appelait à vous faire battre. Vous avez préféré conserver ce soutien plutôt que de prendre le risque d’exprimer votre condamnation la plus formelle de ces dérives. Qui sont des dérives extrêmement lourdes, qui font des morts sur notre territoire, qui ont commis des attentats multiples. »

Le Pen fait ici référence à « l’affaire Saou », du nom d’un référent d’En marche dans le Val d’Oise. A en croire la candidate, ce (désormais) célèbre Mohamed Saou serait donc coupable de dérives «qui font des morts sur notre territoire». Sauf qu’on reprochait en fait à Saou des posts Facebook, dans lequel il avait par exemple écrit qu’il n’a «jamais été et [ne sera] jamais Charlie» quand Charlie Hebdo caricature les victimes du séisme en Italie le mois suivant, et d’avoir partagé le contenu de plusieurs publications de Marwan Muhammad, le porte-parole du CCIF. Surtout, la commission d’éthique du mouvement En marche a été saisie pour se prononcer sur le sort de Saou, qui a été du même coup suspendu de ses fonctions de référent. Alors quel rapport avec Macron ? Quelques jours plus tard, l’affaire a en fait rebondit (et est depuis instrumentalisée par la droite), à cause d’un off de Macron lors d’une émission sur Beur FM, où il qualifie Saou de «type bien» après avoir pourtant concédé que le référent avait fait « «un ou deux trucs radicaux». Très vite, Macron avait tenu à préciser sa pensée, sur Twitter : «Pour être clair, je n’ai toujours parlé que de ses messages sur les réseaux sociaux.»

Non, la contribution de la France à l’Union européenne n’est pas de 9 milliards d’euros
Combien verse vraiment la France à l’Europe chaque année ? Les partisans du Frexit, Marine Le Pen en tête, citent volontiers ce montant de 9 milliards. Un montant (très) gonflé. Selon les diverses méthodes de calcul, on arrive entre 4,5 et 7 milliards d’euros. La commission des finances du Sénat donnait pour l’année 2015 un chiffre de 6,17 milliards d’euros de contribution nette au budget européen dans sa note de présentation du projet de loi de finances 2017. Pour 2017, le projet de loi de finances évoque suggère que contribution nette de la France pourrait passer sous la barre des 6 milliards d’euros. Ajoutons que cette considération purement «arithmétique» n’intègre évidemment pas les coûts d’une sortie de l’Union, qu’il est difficile d’estimer.

Non, les candidats à l’élection présidentielle n’ont pas tous donné avant le vote le nom de leur futur premier ministre
Pressé par la candidate d’extrême droite de se prononcer sur son choix de premier ministre, Macron l’interroge : «Vous avez connu beaucoup de présidents qui l’annonçaient avant ? Moi non…» Et Le Pen de répondre : «Tous quasiment. On savait, avant, tous. On savait Monsieur.»

Une affirmation (très) largement exagérée. Sur les deux dernières élections présidentielles par exemple, si certains noms étaient parfois pressentis, il n’y avait aucune certitude avant les élections présidentielles. Pour François Hollande, si Jean-Marc Ayrault faisait effectivement parti de la liste des favoris, son nom était loin d’être le seul à circuler dans la presse. Martine Aubry, beaucoup plus ancrée à l’aile gauche du parti que l’ancien maire de Nantes, était ainsi citée comme également « pressentie » à Matignon. Concernant Nicolas Sarkozy en 2007, le nom de François Fillon circulait en effet bel et bien comme potentiel premier ministre… mais aux côtés de celui de Jean-Louis Borloo, par exemple, plus proche du centre. Il est donc faux d’assurer que l’on «savait avant» le nom des futurs premiers ministres avant les précédentes élections présidentielles.

Non, François Hollande n’a jamais dit : «C’est pas grave c’est l’Etat qui paye».
Au bout d’une demi-heure de débat, Marine Le Pen déroule : «Comme vous êtes socialiste, vous allez dire que « Ça ne coûte rien, c’est l’Etat qui paye »». Une fausse citation qui n’est pas toute jeune puisqu’elle remonte à novembre 2014. A l’époque, des milliers d’internautes avaient reproché cette phrase à François Hollande… alors qu’il n’a jamais tenu ces propos, comme le signalait L’Express. Le président précisait en fait au journaliste Gilles Bouleau que la mesure des emplois d’avenir ne coutait rien aux collectivités, puisque c’est l’Etat «qui paye». Alors que le journaliste lui rappelait que « l’Etat, ce sont les contribuables…», Hollande poursuivait : « Oui, mais c’est pas la collectivité marseillaise ou le département ou la région. Mais, je vais y revenir, c’est l’Etat qui fait l’effort ».

Non, Emmanuel Macron n’est pas pour la GPA
Il a beau s’en être défendu à plusieurs reprises, Marine Le Pen a de nouveau accusé Emmanuel Macron d’être favorable à la gestation pour autrui (GPA). «Dans votre société, tout est à vendre et tout est à acheter. Les hommes, les ventres, sont à vendre et à acheter».Avant de préciser: «Vous êtes d’accord pour que les GPA qui ont lieu à l’étranger, on les entérine sur le territoire national. C’est-à-dire que vous êtes en train de créer des filières de GPA à l’étranger. C’est non seulement aussi ignoble sur le plan de la commercialisation du corps humain, mais c’est en plus particulièrement cynique et hypocrite.»

Marine Le Pen se rattrape un peu en précisant son propos, mais Emmanuel Macron l’a en effet «dit et et redit» comme il lui répond: il n’est pas favorable à la GPA.

Il l’a répété lors de son meeting du 1er mai : «A ceux qui doutent, je dis que je ne suis pas favorable à la GPA, au titre de la dignité de la personne humaine et du corps de la femme. Si je suis élu président de la République, il n’y aura pas de GPA».

Ce qu’il prévoit, c’est de reconnaître la filiation des enfants nés de GPA à l’étranger, «selon la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme» précise son programme. De fait, la CEDH a condamné la France à cinq reprises pour avoir refusé de transcrire les actes de naissance d’enfants nés d’une GPA à l’étranger. Plutôt que la mise en place de «filières de GPA à l’étranger», il s’agit donc plutôt d’une mise en conformité avec le droit européen.

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source liberation.fr



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